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De 200 à 300 postes en moins en 3 ans annoncés à EDF R&D

Déclaration des élus au Comité d’établissement de la R&D et des organisations syndicales de la R&D. En date du 13 octobre 2016

De 200 à 300 postes en moins à la R&D en 3 ans : quel est l’objectif de la Direction pour l’avenir de la R&D ?

Fin 2015, la Direction avait annoncé étudier une baisse des effectifs et des budgets de la R&D. Pour mémoire en 2015, deux scénarios ont été étudiés par les départements en amont du PMT 2016‐2018 (un à – 5 % et un à – 7 %) et au final le PMT a été arbitré autour de – 6 % sur 3 ans avec, déjà réalisé, moins 80 postes en 2016, soit ‐ 3,8 %.

Les organisations syndicales de la R&D se sont vues annoncer, le 29 septembre dernier, des scénarios de baisses des effectifs  sans précédent, pour le PMT 2017‐2019 allant jusqu’à – 15 %, soit  la suppression pouvant atteindre plus de 300 postes.

Pour accompagner ces baisses d’effectifs, des réorganisations sont d’ores et déjà en route : fusion annoncée EPI‐ENERBAT, projet de rattachement d’une partie de MRI à SINETICS et d’une autre partie à STEP et projet de rattachement de THEMIS à AMA.

En parallèle, les baisses de budget imposées conduisent, dans tous les départements, à la diminution voire la disparition de certaines de nos activités de recherche. Dans tous les domaines, les activités « court terme » sont priorisées au détriment des activités « long terme ». Par contre, on demande toujours plus de communication pour faire illusion.

Un exemple frappant : article dans Usine Nouvelle du 2 octobre 2016 qui met en avant les travaux sur l’induction sur le site des Renardières alors que cette activité n’existe plus. Cette communication en trompe‐l’œil est en contradiction avec les objectifs d’une R&D qui doit préparer l’avenir du Groupe EDF.

Pour rappel également, l’équipe photovoltaïque d’ENERBAT pourrait disparaitre, des projets sont annulés sur des installations expérimentales pourtant essentiels pour la validation de codes de calcul, on envisage de « mutualiser » avec AREVA les codes de calcul (neutronique du cœur, codes composants …), des projets sont arrêtés dans tous les domaines (thermique à flamme, hydraulique …)

On lance des programmes de R&D hors de nos structures (comme c’est le cas avec l’IPVF ou d’autres partenariats et autres GIE) au détriment du développement des compétences en interne et donc de manière pérenne et avec du personnel statutaire. La précarisation des emplois ne permet pas le développement d'activités de recherche de haut niveau.

Il n’y a pas de jour où les annonces ne remettent pas en cause des pans entiers de nos compétences et de nos activités de recherche, des pans entiers de ce qui fait notre expertise depuis des années et qui est essentiel pour la production et la fourniture d’électricité de qualité pour les usagers, pour la sûreté de nos installations et la sécurité de la population.

Il s’agit de l’avenir de la R&D et plus largement de l’avenir de l’expertise technique d’EDF, bradée au profit d’opérations capitalistiques à l’étranger.

Ces choix sont faits en accord avec le nouveau plan stratégique qui prône notamment une R&D plus orientée business. Va‐t‐on, comme on peut le lire entre les lignes dans le Plan Stratégique, vers une externalisation de nos activités de R&D ? On peut le craindre de plus en plus. Par ailleurs, on note que l’un des axes de ce projet stratégique vise à changer le nom de la R&D. Un tel changement n’est pas anodin et on peut craindre que l’objectif caché d’une telle décision soit de casser l’historique de la R&D et d’accentuer sa dévitalisation.

Les élus du CE de la R&D et les organisations syndicales revendiquent le maintien de tous les postes et de toutes les activités à la R&D, qui concourent à la qualité / fiabilité globale du service public d’approvisionnement en électricité des usagers, et qui sont indispensables pour :

  • Assurer la sureté de nos installations et la sécurité de la population,
  • Optimiser et améliorer les moyens de production actuels,
  • Mettre au point les systèmes de production futurs,
  • Préparer le système électrique futur,
  • Améliorer les usages de l’électricité,
  • Contribuer à la transition énergétique …

Seul le maintien des effectifs permettra à la R&D de contribuer à relever les nouveaux et nombreux défis que doit relever le Groupe EDF à court, moyen et long  termes.

Les élus en CE demandent des explications à la Direction.

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