Home » Actualité » Mouvements sociaux dans le nucléaire, explications…

Mouvements sociaux dans le nucléaire, explications…

SUD-Énergie a été entendu !

 

Les centrales nucléaires sont en lutte!
Golfech, Civaux, Blayais, Dampierre, sont dans le mouvement👏
Belleville, Penly, les préavis sont déposés…..

Dès le mois d’août, en prévision d’une rentrée sociale mouvementée, SUD-Énergie a appelé les autres syndicats et fédérations de l’énergie à organiser et entrer dans une lutte d’ampleur et efficace. Voir ici l’article sur notre site.

Depuis, le syndicat CGT d’EDF a déposé un préavis national le 10 octobre. Enfin.
Nous disons BRAVO !

 

Mais voici pourquoi SUD-Énergie milite depuis de nombreuses années
pour que les luttes aient lieu sur les arrêts de tranche

 

Qu’est-ce qu’un arrêt de tranche ?

C’est le moment du cycle de fonctionnement d’un réacteur, où l’uranium est suffisamment usé pour être changé. Un peu comme on fait le plein dans une voiture. Ce moment a lieu sur chaque réacteur, à une fréquence de 12 à 18 mois en fonction du type de réacteur.

On identifie plusieurs types d’arrêt de tranche qu’on appelle Arrêt simple pour rechargement(ASR), Visite partielle (VP), ou Visite décennale (VD).

Chaque arrêt de tranche faisant l’objet de rechargement d’un tiers du combustible.

Quel est l’état du droit de grève dans le nucléaire ?

En partant du postulat qu’une grève n’est efficace que si elle a un impact sur la production (comme défini dans la constitution), la production d’électricité, comme n’importe quelle usine devrait pouvoir être coupée ou réduite. Seulement le droit de grève a été très largement restreint depuis une vingtaine d’années et le mouvement social a dû réinventer de nouvelles formes de lutte.

L’impact le plus important que des grévistes peuvent avoir se situe donc pendant les arrêts de tranche, où la production s’arrête. Les salariés du nucléaire n’ont pas vraiment de « droit de grève » (un peu comme dans le domaine médical) et lorsqu’ils se mettent en grève sur un réacteur en production, ils travaillent tout de même car ils sont réquisitionnés de façon permanente. Ils ne sont payés qu’à 20% de leur salaire (on appelle ça une grève sécurité). Il peuvent baisser la production d’électricité, mais cette baisse se limite pour une raison que les gouvernements précédents ont nommé « la sûreté du réseau ».

En réalité, la France ne veut pas importer l’électricité qu’elle ne peut pas produire pour des raisons liées à la façon dont on y traite les salariés. Dans les autres pays d’Europe, le droit de grève est intact, les gens vont plutôt mieux. Le capitaliste de base dirait qu’il y a là une situation de concurrence déloyale d’ailleurs…..

Évidemment on a bien vu là un virage dans la philosophie de l’entreprise de service public, avec un rapport à la production devenant bien plus important que le rapport à la sûreté nucléaire à proprement parler.

Quel est l’impact d’une grève sur les arrêts de tranche ?

Chaque jour de retard sur le couplage au réseau électrique d’un réacteur nucléaire induit un manque à gagner, et un coût sur la désorganisation liée au planning, aux commandes d’entreprises prestataires (85% des opérations de maintenance).

 

Le coût d’un jour de retard sur un arrêt de tranche
est compris entre 1 et 5 millions d’euros (en fonction du marché).

 

Voilà donc pourquoi une grève sur les arrêts de tranche, parce que la grève est un droit constitutionnel et que c’est le seul moment où les salariés peuvent agir sur la production !

 

Share