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Salarié·es en danger à la CENTRALE DE CATTENOM. L’autorité de sûreté trompée.

LA CENTRALE NUCLEAIRE DE CATTENOM met en danger des salarié·es et l’environnement, puis fait pression pour que personne ne « compose » avec l’autorité de sûreté nucléaire.

SCANDALEUX ET INCONSCIENT !

Le professionnalisme sanctionné

Nous sommes le 22 mai sur la centrale de Cattenom et 80 litres d’hydrazine viennent d’être déversés dans un simple siphon en salle des machines du réacteur numéro 1.

Ce genre de tâche est habituellement effectuée par l’entreprise ORANO (ex AREVA). C’est en effet ORANO qui a le contrat pour ce genre de travaux.

ORANO ne voulant ou ne pouvant pas nettoyer, s’est retourné vers l’entreprise SAMSIC, chargée habituellement du simple nettoyage des locaux industriels qui est réalisé par des salarié·e·s sous convention collective du nettoyage.

Séverine C., salariée de SAMSIC, se voit chargée des opérations avec une petite équipe d’intervenants. Mais voilà, Séverine, n’a reçu qu’une simple « information » sommaire sur les produits dangereux dits CMR (cancérogène, mutagène et/ou reprotoxique). Pas de quoi former un chef de chantier ou responsable d’équipe.
On ne forme pas les salarié·es à manipuler des produits dangereux en leur prodiguant de simples informations !

Séverine accepte (sous la pression) de réaliser cette intervention dans des conditions dangereuses et inacceptables, puis rédige un rapport afin de soulever les problèmes qui ont eu lieu.
Certains appelleraient ça de la transparence, du professionnalisme… mais chez EDF et ses prestataires aux ordres, on n’entend pas les choses de cette manière, et on le fait savoir. Celle qui alerte doit être punie !

Virée pour l’exemple

Alors que dans n’importe quelle communauté humaine, l’honnêteté est une valeur positive,  à EDF, elle va conduire au licenciement de Séverine et de ses collègues.

Taisez-vous ou partez …..Telle est la devise d’EDF !

EDF n’en est pas à son coup d’essai sur la répression des lanceurs d’alerte !

La transparence bafouée

« Attention, ce n’est pas l’ASN ton donneur d’ordres mais EDF via le contrat qui nous lie. J’espère que tu n’as pas pris d’engagements auprès de l’ASN sans que les choses soient éclaircies, réaffirmées entre nous ? »

Ce genre de message, dont SUD-Énergie tient à votre disposition l’original, représente bien la façon dont EDF s’adresse en général à ses prestataires.
L’autorité de sûreté nucléaire, ayant réalisé une inspection, était peut-être loin de se douter de ce genre de pratique.

Lire ici le compte-rendu de cette inspection

C’est seulement par un simple mail, le 29 juin qu’EDF rectifie les rôles des différentes entreprises, qui visiblement ne sont pas clairs. EDF le dit bien : l’entreprise SAMSIC ne procède à aucun pompage ou aspiration, quel que soit le volume, à l’intérieur des bâtiments.
La gestion des entreprises, définie par le terme de PGAC (Prestation Globales d’Assistance Chantier) était pourtant définie jusqu’en 2023 mais finalement reste à géométrie variable en fonction des évènements. Dans son article 7 est défini les responsabilités envers le client. En l’occurrence, ORANO est responsable.

C’est donc en conscience qu’à la centrale de Cattenom on licencie des salarié·es qui ont été chargé·es d’effectuer un travail, dangereux pour eux, dangereux pour l’environnement, ET pour lequel ils ne sont pas formés, ET qu’ils n’avaient pas à réaliser car leur entreprise n’est pas en charge.

L’opacité : une méthode assumée par les directions d’EDF et d’ORANO au plus haut niveau.

L’inspecteur du travail a relevé, dans un courrier à SAMSIC (N° Réf : CODEP-STR-2020-037657), des écarts au code du Travail sur le non-respect de règles. L’ASN a donc demandé à l’employeur de corriger ses manquements graves et d’apporter des réponses avant le 20 aout 2020.

Dans ce contexte, la fédération SUD-Énergie a saisi :

  • le PDG d’EDF,
  • le patron du nucléaire français,
  • le patron de Cattenom,
  • la direction d’ORANO

en  détaillant les points importants de cette affaire. Nous les avons alerté des graves manquements qui ont lieu sous leurs responsabilités. EDF et ORANO font la sourde oreille.

Pour SUD-Énergie, cette gestion  est irresponsable et indigne de bout en bout pour une industrie qui dit mettre la sécurité et la transparence au premier plan.

Pour information, l’article 4 du Statut national des IEG (industries électriques et gazières), commence par ces mots :
« Stage. Les emplois, fonctions ou postes de services et exploitations, doivent être intégralement assurés par des agents statutaires, d’abord engagés au titre d’agents stagiaires. »

En conséquence, pour SUD-Énergie, les prestataires sont des agents EDF auxquels le service public refuse de reconnaitre leur qualité de salarié·e statutaire.

Trouvez ci-dessous le tract distribué jeudi 13 aout 2020 aux salarié.es de Cattenom :

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