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… Après l’affaire du siècle … le CA$H du siècle ? …

« Quatre associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France ont décidé, au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’État français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits. C’est l’Affaire du Siècle. Obnubilés par les enjeux du court terme, les États et les acteurs économiques restent sourds aux innombrables cris d’alarme des plus fragiles, des scientifiques, des associations. Alors que les investissements nécessaires pour remédier à la catastrophe devraient être financés majoritairement par les plus aisés, les classes moyennes et les plus démunis y contribuent aujourd’hui de manière indifférenciée. La lutte contre les changements climatiques ne doit pas se faire au détriment des plus fragiles. »

L’affaire du siècle, quel nom prémonitoire !

SUD-Énergie a été l’un des quatre premiers soutiens à cette action et était le seul syndicat embarqué dans l’aventure lors de son lancement le 18 décembre dernier. Depuis, L’Affaire du Siècle a pris une ampleur inespérée, avec une pétition recueillant très vite 1, puis 2 millions de signatures, battant le record de la pétition contre la loi El Khomri lancée par Caroline de Haas. Avant hier, l’ensemble de l’Union Syndicale Solidaires a apporté à son tour son soutien.

La lutte contre la catastrophe climatique et environnementale est pour nous un objet essentiel de lutte syndicale, complémentaire et lié aux enjeux de lutte sociale. Cette démarche entreprise par les quatre ONG mentionnées nous semble être une approche intéressante, parce qu’elle expérimente l’angle juridique, mais également parce qu’elle a le mérite de fédérer et de faire converger un large ensemble d’associations et de collectifs, par-delà certaines nuances dans les revendications. SUD-Énergie est attachée aux démarches unitaires : lorsqu’elles sont possibles, elles sont toujours plus efficaces.

L’engagement de SUD-Énergie dans cette action s’inscrit dans la continuité de notre mobilisation contre l’ouverture à la concurrence des barrages hydrauliques, car il s’agit là aussi de l’irresponsabilité de l’État devant la catastrophe climatique, de son absence de volonté à défendre l’intérêt général.
En effet, les barrages vont devenir une ressource de plus en plus précieuse pour la collectivité, alors que la catastrophe climatique accroît les tensions sur l’eau. Ainsi, dans les décennies à venir, les débits d’étiage vont être divisés par 2 ; le climat de l’Espagne devrait concerner d’ici 30 ans la moitié de la France, qui produit l’essentiel de l’hydroélectricité du pays (97% est produite au sud d’une ligne Strasbourg-Bordeaux). Or l’Espagne, qui possède pourtant 5 fois plus de réserves d’eau que la France, connaît déjà une guerre de l’eau aigüe.

L’État doit protéger cette ressource stratégique, ne pas la livrer à des intérêts privés qui capteront sa valeur et désoptimiseront son utilisation, menaçant l’intérêt général du pays sur au moins trois aspects stratégiques majeurs : le partage de l’eau, la stabilité du système électrique et la sûreté des barrages, objets industriels français les plus dangereux après les centrales nucléaires. Aucun autre pays riche n’a fait pareille bêtise, jamais, hormis le Chili de Pinochet!

C’est pourquoi sur ce volet particulier des barrages hydrauliques, en parallèle d’une démarche auprès des élus pour envisager une loi protégeant l’eau, nous travaillons avec les avocats de l’Affaire du Siècle contre le gouvernement français pour crime contre l’intérêt général.

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