COMMUNIQUE de la FEDERATION SUD ENERGIE – 24 octobre 2005

COMMUNIQUE de la FEDERATION SUD ENERGIE – 24 octobre 2005

 

Les « hésitations » du gouvernement Villepin sur l’opportunité de l’ouverture du capital d’EDF n’auront duré que le temps de la lutte des salariés de la SNCM et de sa possible extension à d’autres entreprises du Service Public.

Ayant « réglé » ce problème le gouvernement peut maintenant annoncer l’ouverture du capital.

 

Les dénégations du gouvernement concernant cette ouverture du capital disent parfaitement l’avenir.

Si l’on veut bien se pencher sur l’histoire des récentes privatisations dans notre pays on verra que les armoires des agences de presse sont pleines des déclarations gouvernementales rassurantes sur le niveau « raisonnable » d’ouverture du capital.

Ces gouvernements ont toujours procédé par étapes, le plus important étant la première.

Concernant les prix : si l’on considère les résultats désastreux des privatisations qui ont déjà eu lieu dans d’autres pays il est clair qu’on ne peut se lancer dans  un processus qui entraîne l’augmentation massive des prix pour les petits usagers, la dégradation du service public, la diminution des investissements dans l’entretien et la maintenance des réseaux et l’absence de préparation du futur.

 

Si l’on considère les résultats de l’entreprise (cash flow opérationnel de 6,5 milliards d’Euros en progression de 13% : comptes semestriel), EDF a les moyens financiers lui permettant d’assurer un projet industriel répondant à sa mission de service public. En revanche la politique de dilapidation de milliards d’Euros  dans la période précédente qui se prolonge aujourd’hui par le dossier Edison  montre la capacité de destruction mise en œuvre pour tenter de fragiliser EDF afin de la privatiser. Ces milliards seraient aujourd’hui utiles pour l’entretien des réseaux, pour la recherche etc..

 

La raison impose d’arrêter les processus d’ouverture de marché et de privatisations. Mais nos dirigeants ne sont plus dans la raison ils sont dans l’acharnement idéologique. Les conséquences seront désastreuses pour l’usager, pour l’avenir, pour les salariés. Ce n’est ni «l’actionnariat salarié» ni plus largement l’actionnariat populaire qui est de nature à mettre quelques nuances dans cette analyse.

 

Pour les salariés la mise en bourse d’EDF signifie une coupe sombre dans la masse salariale, dans les effectifs, dans les droits sociaux (la direction prévoit la suppression de 25 000 postes pour les trois années à venir). Les salariés ont tout à perdre par ce marché de dupes qu’est l’actionnariat.

 

La Fédération SUD Energie réaffirme son opposition absolue à l’ouverture du capital d’EDF et à l’actionnariat salarié.

 

Les Fédérations syndicales « représentatives » appellent le personnel à se mobiliser le 8 novembre.

La grève de la SNCM l’a démontré, cela ne suffira pas. En ce sens, l’appel à la lutte doit être clair. C’est la détermination des fédérations à combattre efficacement et durablement contre la privatisation qui entraînera l’ensemble des agents à lutter jusqu’à l’abandon par le gouvernement de son projet d’ouverture du capital, pour l’abrogation de la loi du 9 août 2004 et l’arrêt du processus d’ouverture du marché de l’électricité et du gaz.

 

Sud Energie appelle le personnel à se rassembler dès maintenant pour organiser la grève.

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