Le 5 novembre, faisons grève !
L’avenir des énergies renouvelables se joue aussi dans la grève générale !

Salarié·es des énergies renouvelables, ingénieur·es, technicien·nes, cadres, installateur·ices, chargé·es de projets, bureaux d’études : le 5 novembre, faisons grève et rejoignons le mouvement interprofessionnel !

C’est le moment de faire converger nos luttes

Depuis plusieurs semaines, les lycéennes et les lycéens se mobilisent massivement pour obtenir des moyens pour l’éducation et de meilleures conditions d’études. Leur mobilisation a contraint le gouvernement à leur apporter des réponses. Elles restent insuffisantes, mais elle démontre que quand on s’organise collectivement et qu’on se mobilise, on peut faire reculer le gouvernement.
Depuis le 17 octobre, la mobilisation s’est élargie avec les manifestations contre la vie chère. Le 5 novembre doit être une nouvelle étape : celle de la grève interprofessionnelle. Pour gagner, nous devons arrêter collectivement de travailler et construire un rapport de force capable de faire céder le gouvernement et le patronat.
Car nous subissons toutes et tous les conséquences des mêmes choix économiques. Nous payons le coût de la crise climatique, des guerres, de l’inflation et de la dégradation des services publics. Pendant ce temps, le gouvernement prépare son budget 2027 et annonce de nouvelles économies. Il faut chercher où elles sont faites, c’est-à-dire dans l’éducation, la culture, la santé, la rénovation énergétique et la transition écologique. Les besoins sont immenses, mais les investissements nécessaires sont sacrifiés.

Le problème n’est pas un manque de richesses. C’est leur répartition et les choix politiques qui déterminent leur utilisation.

En vingt ans, le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes professionnelles françaises est passé de 124 milliards à environ 1 170 milliards d’euros entre 2003 et 2023, selon les données reprises par l’Observatoire des inégalités. Pendant que ces fortunes s’accumulent, on demande aux salarié·es de se serrer la ceinture et aux services publics de fonctionner avec toujours moins de moyens.
L’argent existe. Il faut aller le chercher là où il s’accumule et le rediriger vers les besoins sociaux et écologiques. 

Les énergies renouvelables sont directement concernées

Dans notre filière, nous connaissons déjà les conséquences de ces choix. Plans sociaux, licenciements, restructurations, gels des recrutements, fermetures d’entreprises et incertitudes sur les investissements : les salarié·es des renouvelables subissent une crise profonde.
Alors que nous avons besoin de développer massivement les énergies renouvelables pour répondre à l’urgence climatique, des milliers d’emplois sont fragilisés. Les entreprises réduisent leurs effectifs, les projets sont abandonnés ou retardés et les compétences accumulées par les salarié·es sont menacées de disparaître.
La rénovation énergétique connaît les mêmes difficultés. La réduction des moyens consacrés aux dispositifs comme les certificats d’économies d’énergie (CEE) fragilise les activités et menace les emplois du secteur. Pourtant, ces travaux sont indispensables pour rénover les écoles, les hôpitaux, les logements et l’ensemble de nos bâtiments.
Il y a quelque chose de profondément contradictoire à supprimer des emplois dans les énergies renouvelables et la rénovation énergétique alors que les besoins écologiques sont considérables.
Cette contradiction n’est pas une fatalité. Elle résulte d’une organisation économique qui soumet les investissements aux exigences de rentabilité et aux arbitrages budgétaires de court terme. Les renouvelables sont développées quand elles représentent une opportunité financière, puis les salarié·es deviennent une variable d’ajustement lorsque les conditions du marché changent.

Nous ne voulons plus être une variable d’ajustement du marché.
Nous voulons pouvoir travailler, produire et développer les énergies dont la société a besoin.

Il faut sortir de cette logique. L’énergie est un secteur essentiel, au même titre que l’eau, la santé ou l’éducation, etc… Elle doit répondre aux besoins de la population et aux impératifs écologiques, pas aux exigences de rentabilité des actionnaires.
Cela implique une véritable planification énergétique, des investissements publics et collectifs à la hauteur des besoins, une maîtrise collective de la production et de la distribution de l’énergie et des garanties pour les salarié·es. Nous revendiquons un véritable service public de l’énergie, fondé sur la socialisation du secteur et le pouvoir des travailleurs et des usagers.
Et contrairement à ce que l’on entend parfois, construire un véritable service public de l’énergie ne signifie pas supprimer nos emplois. C’est précisément l’inverse ! Aujourd’hui, nous perdons déjà nos emplois parce que notre activité dépend des décisions des investisseurs, des appels d’offres et des politiques de soutien instables. Planifier les investissements sur le long terme, garantir les débouchés et développer les capacités de production permettrait de préserver les compétences, de sécuriser les parcours professionnels et de créer les emplois nécessaires.

Nos revendications dans les énergies renouvelables

Nous avons des revendications propres à notre secteur, mais elles s’inscrivent pleinement dans les revendications communes du mouvement social.

Pour nos emplois et nos conditions de travail :

  • Arrêt des plans sociaux, des licenciements et des suppressions de postes dans les énergies renouvelables et la rénovation énergétique.
  • Maintien des emplois et des compétences dans la filière, avec des garanties collectives pour les salarié·es confronté·es aux restructurations.
  • Mise en place d’une véritable convention collective de branche de haut niveau, avec des droits communs pour l’ensemble des salarié·es des renouvelables, quel que soit leur employeur.
  • Convergence vers un statut commun de haut niveau, sur le modèle des garanties collectives des IEG, pour sortir de la mise en concurrence des salarié·es.

Pour une autre politique énergétique :

  • Une planification énergétique démocratique et de long terme, construite avec les salarié·es et les usagers, qui garantisse le développement des renouvelables à la hauteur des besoins climatiques.
  • Des investissements publics massifs dans la production renouvelable, le stockage, les réseaux et la rénovation énergétique.
  • La fin de la dépendance de la filière aux logiques de marché, aux appels d’offres et aux exigences de rentabilité des investisseurs.
  • La socialisation du secteur de l’énergie et la mise en place d’un véritable service public, sous contrôle des travailleurs et des usagers.
  • Ces revendications ne sont pas séparées de celles portées dans les autres secteurs. Elles répondent à une même exigence qui sont de financer les activités utiles à la population, garantir les emplois et reprendre collectivement la maîtrise de notre avenir.

Nos revendications sont communes à tous les secteurs

Le gouvernement explique qu’il faut faire des économies. Mais pourquoi faudrait-il toujours les faire sur les mêmes ?
Les lycéen·nes demandent des moyens pour étudier dignement. Les personnels hospitaliers demandent des moyens pour soigner correctement. Les salarié·es de l’éducation demandent des moyens pour transmettre et accueillir les élèves. Les salarié·es de la rénovation énergétique et des renouvelables demandent des investissements pour répondre à l’urgence climatique et préserver leurs emplois.
Ce sont les mêmes problèmes. Des besoins collectifs immenses, des moyens insuffisants et des richesses qui continuent de s’accumuler entre les mains d’une minorité.

Nous avons donc des revendications communes à faire gagner :

  • Augmentation générale des salaires, des pensions et des minima sociaux, avec indexation sur les prix.
  • Augmentation des APL et baisse des loyers pour garantir le droit au logement.
  • Blocage des prix des produits de première nécessité et de l’énergie.
  • Taxation des grandes fortunes et des grandes entreprises pour financer les services publics et les investissements écologiques.
  • 10 milliards d’euros supplémentaires pour l’éducation afin de répondre aux revendications lycéennes.
  • Défense des libertés publiques, liberté de manifester et changement de doctrine du maintien de l’ordre, avec interdiction des armes mutilantes et des techniques d’immobilisation létales.
Nous sommes dans un pays riche. Nous avons les compétences, les outils industriels, les connaissances scientifiques et les moyens de répondre aux besoins sociaux et écologiques. Ce qui manque, ce sont des choix politiques et économiques qui mettent ces moyens au service de la population.

Pourquoi notre grève compte, quel que soit notre métier

Dans les énergies renouvelables, beaucoup d’entre nous peuvent avoir le sentiment que faire grève ne sert à rien. Que nous soyons ingénieur·es, cadres, technicien·nes, chargé·es d’affaires, développeur·ses, installateur·ices ou salarié·es administratifs, nous pouvons penser que notre absence ne bloquera pas directement la production.
Mais le capitalisme ne fonctionne pas uniquement grâce aux personnes qui produisent directement. Il repose sur une division du travail dans laquelle chaque activité contribue au fonctionnement de l’ensemble. Les études, la conception, la gestion de projet, la maintenance, les fonctions commerciales, les ressources humaines, l’informatique et l’administration sont toutes indispensables.
Quand nous arrêtons de travailler, nous participons à interrompre cette organisation collective du travail.

La grève d’un·e ingénieur·e compte autant que celle d’un·e ouvrier·e. Celle d’un cadre compte autant que celle d’un technicien. Chaque journée de grève contribue au rapport de force collectif.

Une journée de grève n’est jamais inutile parce qu’elle ne suffit pas, à elle seule, à faire céder un employeur. Elle permet de rendre visible notre refus, de compter nos forces, de nous retrouver entre collègues et de construire les conditions d’une mobilisation plus large.
La grève ne se résume pas à arrêter de travailler. C’est aussi un moment pour discuter de nos conditions de travail, confronter nos expériences, comprendre ce qui nous arrive et décider collectivement de ce que nous voulons changer.
C’est pourquoi nous appelons les salarié·es à organiser des assemblées générales directement dans les entreprises, les bureaux et les équipes. Même à deux ou trois collègues, une première AG est utile. Il faut se voir, discuter, échanger sur les revendications et construire collectivement la suite du mouvement.
La grève est un droit pour toutes et tous les salarié·es, syndiqué·es ou non. Chaque salarié·e peut rejoindre le mouvement dans le cadre des appels et préavis applicables. Il n’est pas nécessaire d’attendre que toute son entreprise soit mobilisée pour commencer à s’organiser.

Le 5 novembre, faisons converger nos luttes !

Nous ne pouvons pas laisser les salarié·es des renouvelables se battre seul·es contre les plans sociaux pendant que les lycéen·nes, les personnels hospitaliers, les enseignant·es et les autres secteurs affrontent les mêmes politiques d’austérité.
Nous avons tout intérêt à construire un mouvement commun. La défense de nos emplois, l’amélioration de nos conditions de travail, le financement des services publics et la transition énergétique sont des combats indissociables.
Le 5 novembre, faisons de la grève interprofessionnelle une étape de construction d’un mouvement plus large, avec la perspective d’une grève générale reconductible. C’est par l’organisation collective, la convergence de nos secteurs et la capacité à bloquer ensemble l’économie que nous pourrons imposer nos revendications.

Salarié·es des énergies renouvelables, ne restons pas spectateur·ices du mouvement social. Organisons-nous dans nos entreprises, discutons entre collègues et mettons-nous en grève le 5 novembre !

Nos emplois, nos salaires, nos services publics, notre avenir énergétique : c’est le moment de les défendre collectivement.

Le 5 novembre, toutes et tous en grève !